« Lorsque je vous ai entendu parler français avec votre ami roumain, je n’ai pu résister. Je vous ai accosté… »
Le temps passait. Nous parlions toujours. Une idée folle me traversait la tête : Marika pourrait prendre la parole à ce colloque, je pourrais la présenter… Sottement, je le lui proposai. Elle fit non de la tête. Bien sûr, c’est elle qui avait raison. Une autre idée encore plus folle s’empara de moi : la ramener en France où elle pourrait finir tranquillement ses études mais je n’osai le lui suggérer.

Je me levai pour partir proposant de la retrouver le lendemain, peut-être un peu plus tôt. « Non, pas demain, me dit-elle, parce que… » Je détournai les yeux. Elle était « prise », pensais-je. « Prise » quel horrible mot, vraiment ! Je lui tendis la main. Elle la serra sans mot dire. « Après demain, alors ? 
- C’est entendu, après demain » me répondit-elle.
Et je sortis rapidement sans me retourner. Une fois dehors, je frissonnai mais cette sensation me fit du bien. Je m’étirai un peu. J’étais engourdi. Je levai les yeux. La nuit était belle, ma première nuit en compagnie de Marika…Je hâtai le pas. J’avais hâte de rentrer à l’hôtel. Les rues étaient désertes. Quelle heure pouvait-il être ? Je l’ignorais : j’étais ému et heureux à la fois. « Tu es complètement fou, mon pauvre ami, me dis-je. Tu ne changeras jamais ! » Comme pour me donner raison, un chat miaula tristement, tout proche. J’aurais aimé le caresser mais il ne se montra pas.

…………>